Nadège Abomangoli

Naissance en septembre 1975, à Brazzaville Congo

Vice-Présidente du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis

Twitter : @PrincesseNaboo

Blog : http://nadegeabomangoli.fr/

 

2015-08-23 - Portraits Karine, Jessica, Nadège-2
IMG_6467

 

 

 

 

Une fin d’après-midi à La Bellevilloise (75020)
Photographe : MD Photographe – mathieu-delmestre .fr

 

Comme des Reines : Tes premiers pas à Belleville ?

 Nadège : Au début des années 1990, après mon BAC j’étais souvent à Paris avant d’y habiter. J’ai décidé que c’était mon quartier parisien favori après avoir lu « la vie devant soi » de Romain Gary[1].

Le déclic à l’engagement ?

A la suite du mouvement contre le CPE[2] j’ai décidé de m’engager pleinement dans un grand parti de masse, à gauche bien sûr. Et puis, incitée par des amis militants antiracistes, je me suis dit qu’il fallait arrêter de râler et y aller, agir. Persuadée que ce n’est qu’au sein de grandes organisations comme le PS qu’on peut le faire. Et puis chez moi on votait pour le Parti socialiste et on aimait bien Jospin.

Ton dernier coup de gueule ?

Un billet sur mon blog sur des propos cités dans la presse, « anodins », tenus par Lou Doillon sur le féminisme. Mais par ce prisme j’ai exprimé mon ras le bol face au « privilège blanc », qui fait que toute expression des autres minorités est minorée ou dénigrée.

Souvent ce sont les Blancs qui créent le différentialisme alors que dans notre France Républicaine, l’aspiration à l’égalité en tout est énorme, que nos quartiers populaires regorgent d’énergie, que la société française s’enrichit de toutes les histoires, de tous les parcours des individus qui la composent.

Je trouve vraiment ringard et anachronique qu’en 2015 l’image des Noirs et leurs revendications soient tant marginalisées, alors que les Etats-Unis ont élu en 2008 un président prénommé Barack Hussein.

Un lieu coup de cœur, un projet, une personnalité du « terroir urbain » à faire partager ?

J’habite en Seine-Saint-Denis, et je suis élue du canton d’Epinay, c’est le point de ralliement de la famille (et de la famille élargie, celle des amis). J’y suis très attachée et je me dis que ce terroir urbain périphérique a le droit au beau.

Nous avons la chance d’avoir un fleuve. Ces territoires ne sont pas juste des lieux minéraux. Je verrais bien de grands aménagements des bords de Seine, d’Epinay à Saint-Denis, ou encore à Saint-Ouen. Il faut mener une réflexion sur le transport fluvial, mais aussi sur l’activité et l’attractivité culturelle et économique là.

Un adjectif pour ton état d’esprit du moment ?

Déterminée et décomplexée !

 

[1] La Vie devant soi, roman d’Émile AJAR (Romain Gary) publié le 14 septembre 1975 au Mercure de France et ayant obtenu le prix Goncourt la même année

[2] En France, le contrat première embauche (CPE) était un type de contrat de travail à durée indéterminée, à destination des moins de 26 ans prévu par l’article 8 de la loi pour l’égalité des chances. La vive opposition et la contestation d’une partie de la population, ont fait reculer le pouvoir exécutif. Si la loi mettant en place le CPE a été publiée au journal officiel le 2 avril 2006, avec la promesse de Jacques Chirac que des modifications seraient effectuées, un projet de loi présenté par le Premier ministre du 10 avril 2006 a proposé de le retirer et de le remplacer par un dispositif visant à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté.

L’article 8 de la loi 2006-396 du 31 mars 2006 a été abrogé par la loi no 2006-457 du 21 avril 2006 sur l’accès des jeunes à la vie active en entreprise. Le reste de la loi pour l’égalité des chances a été conservé.

 

Publicités