Faux-timide : Rencontre sur les toits avec un éternel optimiste

Sébastien Répécaud
Né en 1975 à Besançon, Doubs, Franche-Comté

Compte twitter: @sbyphoto

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Crédits photos: Brendan Escandell © et Sby RPCO ©
 

Comme des reines:  Sébastien, tu es directeur d’un centre d’animation, militant de l’écologie dans l’âme, apiculteur, photographe, what else ?

Sébastien: Directeur du Centre d’animation Place des Fêtes oui, j’ai toujours eu la fibre sociale et celle de l’animation. J’ai grandi dans un quartier populaire injustement qualifié de « difficile » de Besançon, le quartier de Fontaine-Ecu.
Puis j’ai eu la chance de partir dans un village résidentiel (Pirey) proche de cette belle ville verte. Mes origines paysannes et urbaines (leg de mes parents), ont crée un attachement viscéral pour campagne et ville chez moi. J’aime les gens comme j’aime la Nature. Elle prend une place importante dans ma vie, c’est un besoin fondamental. Une conscience (logique) écologique, respectueuse de l’environnement a mûri chez moi. Je ne peux pas passer une semaine sans verdure, même à Paris. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé, par amour du sport et de la nature, à faire du golf. Sport réputé élitiste, j’ai trouvé un club sympa en Seine-Saint-Denis qui a une volonté de démocratiser cette pratique. Alors je milite pour ouvrir cette activité et la rendre plus accessible. J’emmène des jeunes du quartier (Curial) pour leur faire découvrir les bienfaits de ce sport. Le golf est vite devenu un temps où je me ressource de mes semaines bien chargées.
J’initie naturellement mon fils à cet état d’esprit.

La photographie fait partie de mon oxygène, c’est une activité vitale pour moi, c’est un moyen de m’exprimer, mon premier langage. Mon père est un très bon photographe et mon fils le sera aussi, je lui ai donné l’envie de jouer avec la photo.
J’ai le besoin, depuis toujours (il faudrait que je fasse une psychanalyse ;-)) de partager ce que j’ai, à mes dépends parfois ! J’ai pris conscience très tôt de mes chances, de mes avantages par rapport à mes potes et mes anciens potes que j’ai laissé (mais toujours gardé contact) au quartier pour le village résidentiel. Une sorte de sentiment d’être à la fois redevable et solidaire. Alors la photographie pour moi ne devait pas rester confidentielle. Je me devais de la rendre accessible, de la partager et faire de la photographie pour les autres.

Je n’ai jamais eu de gros moyens, donc il a toujours fallu que je fasse les meilleures photos avec le peu de matos que j’avais, d’où ma créativité, mon coup d’œil acéré et ma soif de rendu de qualité. Mon matériel, je le connais par cœur et je suis donc paré pour faire tout avec le peu que j’ai.
Je donne beaucoup et on me le rend toujours, c’est comme ça depuis toujours.

Apiculteur, c’est tout neuf, mais c’est à Rémy Vanbremeersch et Bruno Petit que les lauriers doivent revenir, moi je ne fais qu’accueillir les ruches puis aider à la récolte…

What else ? Je suis aussi le co-fondateur avec Sadia Diawara de l’association Road Tree’p, qui va planter des arbres dans les zones qui en ont besoin (arides voire désertiques) et travaille sur le sens de l’action de semer, planter, laisser une trace, agir pour l’avenir…

Je participe aussi régulièrement à un collectif anti-négrophobie…

Je monte (lentement quand j’ai le temps) un magazine qui a pour but de mettre en lumière les personnes originaires d’Asie qui vivent en France, après l’avoir fait pour un autre magazine pour les afro-caribéens, d’ailleurs je cherche des personnes pour m’aider…

J’ai fini d’écrire un synopsis pour un long métrage, je vais me lancer avec des amis dans le scénario. J’ai aussi des projets photos que j’aimerais bien mener (projets avec les prix Nobels…), mais les journées sont décidément trop courtes!

Tes premiers pas à Belleville ?

2007, lors de mon arrivée à Paris. J’ai failli y habiter pour finalement atterrir à Jourdain puis à Curial.

Quelques mots pour décrire ton attachement au 19ème arrondissement ?

Un arrondissement vivant caractérisé par sa capacité à accueillir ! Le 19e est mixte, riche en cultures… Le hip-hop est arrivé en France par le 19e arrondissement par exemple.
C’est un laboratoire de vie. Un formidable lieu pour prouver que tout le monde peut avoir sa place. Un lieu de contradictions et de tensions parfois, mais c’est ce qui nous interroge et nous donne la volonté de se battre pour apporter des réponses concrètes aux habitants.

Des milliers de réfugiés attendent aux portes de l’Europe un asile. Accueil des réfugiés en France, pour ou contre ?

Pour sans hésitation ! Je me sens citoyen du monde, les frontières sont des créations de l’homme. La nature ne s’arrête pas aux frontières ! Mon grand-père m’a dit un jour « Vous êtes une génération qui n’a rien vécu comme conflit, comme guerre de près. Ça ne dure jamais très longtemps… Chez nous on est ouverts, tous les étrangers sont les bienvenus. Le jour où ce sera notre tour de fuir, il faudra trouver des hommes et des femmes généreux ». Pessimiste comme perspective mais réaliste.
Dans ma famille, on a tous adopté des enfants qui venaient d’Afrique. L’accueil chez nous c’est quelque chose de normal. Pour avoir visité plusieurs pays, l’accueil et le fait d’être reçu dans le plus grand respect fait toute la différence. La peur de l’autre est le pire des ennemis, il entraîne critique, dénis, insultes, haine…

La planète appartient aux hommes, à tout le monde. Nous sommes les locataires de ce monde et non pas les propriétaires. Si nous accueillons ces personnes, si nous les aidons, elles nous aideront à avancer. On parle souvent d’intégration et de choc des cultures avec l’immigration. Ce choc n’existe pas si nous montrons à ces personnes réfugiées qu’elles sont les bienvenues. Faire un pas vers l’autre ensemble, en même temps.

La photo d’Aylan, 3 ans, retrouvé mort alors qu’il tentait avec sa famille de rejoindre la Grèce a été un électrochoc pour les Européens. Dis nous juste quel impact cette photo a eu sur toi ?

J’ai tout d’abord ressenti de la tristesse. Puis de la colère. Qui trinque toujours ? Les enfants.
Et puis qui a décidé d’envoyer des photo-reporters sur place ? Qui veut voir ce qu’il se passe ? Qui a l’habitude de regarder en position de spectateur dans son canapé les mauvaises nouvelles du monde ? Nous. Des drames comme Aylan il y en a tous les jours. Le monde de l’information joue depuis toujours sur le scoop, le flash, le fait divers. L’opinion s’en offusque, les populations réagissent, les politiques s’en saisissent, puis on passe à autre chose. Ce qui me fait peur c’est qu’on passe de plus en plus vite à autre chose. Personne ne va plus au fond des choses, au fond de sa réflexion, de ses actes. On a tord de penser que seules les réponses à court terme et dans l’urgence peuvent palier à une situation. L’histoire est pourtant là pour nous le rappeler sans cesse : agir dans la précipitation c’est se mordre les doigts plus tard.

Une de tes sources d’inspiration en ce moment ?

Le désert (froid ou chaud) !

Retour en photos sur l’après-midi:

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