Born to run – Bruce Springsteen

 

Combien sont-ils chaque jour?

Dès 7h30 du lundi au vendredi, ou bien 9h les samedis et dimanches, ils sont plusieurs dizaines à courir, plus ou moins vite, dans le Parc des Buttes Chaumont.

Du plus jeune au plus vieux, seuls comptent le souffle, l’endurance et la ténacité. Tout ce petit monde profite du parc presque totalement rénové pour cracher ses poumons.

Chacun promène, haletant, sa face à nu, sans fard et à bien y regarder on y croise même quelques sourires.

On le dit et le répète c’est le premier pas le plus ardu à franchir ! Au fil de l’expérience, après des années de diète sportive, d’inhalations de nicotine, d’excès éthyliques, ça rend tous les premiers pas douloureux à chaque fois… Tout de même !

Parties sans bouteille d’oxygène, cette sale impression de n’avoir qu’un poumon n’est atténuée que par le bien être et la fierté des courbatures du lendemain, voire du surlendemain.

On entend une petite voix intérieure « Cours Forrest, cours« , encore 30 min pour atteindre les 45 min fatidiques qui rendent utiles ces foulées plus ou moins légères et plus ou moins régulières.

On maudit les mémés venues en groupe promener leurs toutous qui mettent un point d’honneur à ne pas bouger d’un iota a notre passage.

On s’imagine Rocky Balboa acclamé et fier de ses heures d’entraînement, les frappes des carcasses en moins.

On ressemble sans doute plus à Mme Doubtfire en jogging, Chaka Khan dans les oreilles.

Peu importe, on court, sans applaudissements, mais on court. La question reste entière… Après quoi ?

 

 

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