L’ultra connectivité des sociétés modernes a modifié deux éléments fondamentaux dans nos modes de communication : la vitesse – sans omettre la fréquence évidemment – et le volume des échanges.

Les internautes prennent la parole et débattent de plus en plus sur Facebook et Twitter.

Le relatif anonymat que permet le web décomplexe les utilisateurs face à la prise de parole sur l’actualité et la chose politique, c’est un fait. En effet, il n’est pas rare sur les timelines des réseaux sociaux de voir de houleux débats naître et y voir des insultes fuser… A l’heure des nouvelles technologies et de la communication continue, sait-on encore se parler?

Signe des temps connectés, les insultes fusent au quart de tour. Jamais les noms d’oiseaux n’ont aussi bien volé.

La parole décomplexée sur les réseaux sociaux, ça laisse des traces. Internet est devenu le lieu où tout est permis, où tout se réalise, mais en même temps, on met du politiquement correct à tous les étages.

Est-ce qu’il y a une montée d’insultes à caractère spécifique?

Dans son rapport de 2012 sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France, la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) relève que le web et les réseaux sociaux contribuent à la banalisation des actes raciste et antisémite.

Ces dernières connaissent une augmentation de 23%  depuis ces dernières années, notamment en 2012 due à la montée de l’extrême droite.

Le rapport de la CNCDH constate une prolifération des propos de discrimination raciale et antisémites sur internet. Ils se développent via une multitude de canaux tels que les sites internet, les forums, les blogs et les réseaux sociaux.

D’ailleurs, la propagation du racisme y est facilitée par différents facteurs. Le premier étant l’anonymat, car il confère un sentiment d’impunité et libère la parole, par exemple sur les blogs, la présence de discussions de cette nature fait office de défouloirs. Le second facteur est la facilité de diffusion de l’information, ce qui permet le regroupement d’internautes et leur montée en puissance d’injures raciales pouvant être partagées notamment via les réseaux sociaux. On ne peut non plus passer sous silence l’homophobie, la lesbophobie qui polluent les médias sociaux.

Puis, envers les femmes, aussi beaucoup. Au fur et à mesure qu’elles deviennent un groupe social, qu’elles trouvent leur place, que l’on parle d’égalité, elles deviennent une cible. Regardez aux Etats-Unis, qui est le pays du politiquement correct: Donald Trump, candidat à la présidentielle, traite les femmes comme si elles étaient toutes des garces...

On constate aussi un phénomène réel d’appauvrissement du langage pour une part de la population. Le vocabulaire est plus restreint, mais c’est assez normal sur les réseaux sociaux, qui formatent aussi le langage. Même ceux qui ont un riche vocabulaire sont limités par le clavier, la vitesse et la superficialité de l’outil. Le web n’est pas une soirée littéraire !

« Réussir en passant sous le bureau ? Comme Des reines ou comme des putes ? », insultes blog

Assurément extrêmement pauvre sur tous les plans, oh que voilà un bel exemple des rares insultes laissés sur ce blog.

 

Les mots ne claquent pas, mais l’insulte fuse !

Bien planqué derrière son écran, devant son clavier, l’impétrant(e) lâche sa haine comme il/elle vidange sa vessie d’une envie pressante qui, éclaboussant la cuvette, nous renvoie prestement à l’éducation des enfants plutôt que de « faire les belles, bonnes, sur le net ».

Oubliés les YOLO, ou autres TMTC[1], là on envoie du lourd, de la grosse insulte qui tâche…

 

 

[1] « Toi même tu sais » est une expression d’origine ouest africaine signifiant « Tu le sais aussi bien que moi ». Elle a fait récemment son apparition dans le langage Kikoolol sous l’acronyme TMTC (T=toi, M=même, T=tu, C=sais)

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