La force d’exister

Bien que nous ne ressentions pas son poids dans notre présent, la famille, et surtout l’influence de nos frères et soeurs est bien plus grande que nous l’imaginons. Notre enfance est la base de la construction de notre vie, dont nous sommes tous profondément imprégnés. Que notre fratrie soit synonyme de conflit ou d’amour immodéré, elle a construit notre identité. La fratrie, la famille, c’est l’une des sources de l’énergie de Sabrina et Johana.

De l’énergie, Sabrina et Johana Fairfort en ont à revendre ! Cette force, c’est donc particulièrement dans leur famille qu’elles la puisent. Ces deux sœurs nées en 1981 et 1983 forment un binôme entreprenant, actif, créatif et qui créé l’évènement à chaque fois.

Chacune a bien-sûr sa personnalité. Elles sont fusionnelles et autonomes à la fois. Ensemble mais autonomes. L’une, Sabrina, fait les jours heureux de très nombreux enfants qu’elle fait danser, entre autres activités, lors des temps extrascolaires de la Ville de Paris. L’autre, Johana, a un parcours scientifique, est très pragmatique et a un sens de l’organisation remarquable. Elles unissent leur force pour notre plus grand bonheur. Sabrina à la création et la direction artistique, Johana au montage évènementiel de A à Z.

Fondée en 2006, la Compagnie Afro-Ka’Danse (AKD) a pour ambition d’oeuvrer en faveur du spectacle vivant d’influence afro-américaine, caribéennejazz et moderne. En 2010, l’équipe AKD, crée l’association AKD Studio Prod – Centre des Arts métissés, aujourd’hui membre du Conseil International de la Danse. Son ambition est de créer des lieux de rencontres artistiques et culturels, de former et d’accompagner des artistes dans leurs projets et de rendre visibles leurs oeuvres . Domiciliée à la Maison du Combattant et des Associations du 19ème arrondissement, AKD Studio Prod a pour but de faire découvrir les richesses des cultures issues du métissage, bien au-delà du folklore qu’on leur connait. Johana a lancé elle, son activité freelance en communication Visuelle et évènementielle avec l’auto-entreprise Art K diff.

Le dimanche 5 juin 2016, dans le cadre de l’inauguration de la nouvelle Gare RER E Rosa Parks, c’est la compagnie Afro-Ka’Danse qui avait été choisie pour rendre hommage à Rosa Parks, avec une toute nouvelle création pour l’occasion « Rosa Parks, de Montgomery à Paris », elle avait libéré une grande émotion chez les spectateurs qui s’étaient déplacés en nombre. C’est toute la famille qui a participé à cette entreprise. Une co-construction d’un spectacle inoubliable, Sabrina à la création, la direction artistique et sur scène, Johana à la photo, l’un de leur frères, Jonathan à la direction du chant avec la chorale AKD Gospel Project qu’il a fondée, le second au langage des signes sur l’ensemble du spectacle. Céline, la maman,  réalisant la totalité des costumes.

Le Révérend Jesse Jakson a dit de Rosa Parks : « elle s’est assise pour que nous puissions nous lever ». Rosa Parks, la femme qui s’est tenue debout en restant assise : « on fanm doubout ». En refusant de céder sa place à un Blanc dans un bus il y a 62 ans, la Noire américaine Rosa Parks a lancé le boycott des bus à Montgomery, en Alabama. Mais aussi un vaste mouvement qui mit fin à la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Mais pourquoi ce « K » prééminent dans chaque structure qu’elles ont construite ? En évocation au Ka bien-sûr, ce tambour élément central du Gwoka. Evocation des récits de vie de la Guadeloupe dont Tata Célo les a bercé durant leur enfance. Tata Célo, le surnom de Céline leur maman, celle d’une fratrie de 4 enfants qu’elle a élevé Place des Fêtes où elle vit toujours. Tata Célo l’assistante maternelle connu de toutes et tous, petits et grands dans le quartier. « Potomitan », cette expression caribéenne pour désigner ces femmes pilier central de la famille. Plus largement il désigne aussi aujourd’hui la femme antillaise épanouie, dynamique, active,  indépendante, mère irréprochable et courageuse. Céline, Tata Célo, est venue à Paris rejoindre sa jeune soeur partie avec le Bumidom. Elle a donc dû elle aussi, quitté sa commune de Baillif (commune phare du gwoka). Si Sabrina est allée en Guadeloupe alors qu’elle n’était qu’une toute petite fille pour un court séjour, Johana n’a foulé le sol de la terre natale de sa famille qu’à l’âge de 16 ans en 1999. Mais Céline, la maman, palliait les difficultés financières d’embarquer ses 4 enfants pour des vacances en Guadeloupe, en les accompagnant dès la petite enfance avec des récits et des anecdotes de la vie caribéenne. Pour tordre le cou à l’un des clichés les plus répandus, non tous les Antillais « en France » n’ont pas de congés bonifiés pour passer 3 mois tous les deux ans là-bas… Céline leur a sans doute évoqué le massacre oublié de mai 1967 à Pointe à Pitre mais lorsqu’ils étaient grands.

Antillaises nées en Ile de France ici, « Métros » là-bas, si elles le soulignent, elles se soucient avant tout d’entreprendre encore et encore. Entrepreneuses vaillantes ce sont de magnifiques ambassadrices de la richesse des cultures issues du métissage.

copyrights : Texte : https://commedesreines.wordpress.com/

Vidéo : Johana Fairfort – Art K Diff

Crédits photo : Studio Lenoir

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