Qui sommes-nous ?

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Alors on se rassemble, sans savoir si on se ressemble
Comme un seul peuple, un seul homme
Le regard fier, les mains qui tremblent
Ces graines qu’on sème pour toute une vie
À toutes ces secondes, qu’on apprécie

Il était une fois, la France de la fin des années 1970, celle qui écoutait Michel Fugain à la radio, qui roulait en Renault 6 ou Peugeot 404. Karine découvre Paris alors que sa famille vient y passer un week-end. Elle a 7 ans, elle est fascinée.

L’année 1983 est marquée en France par des « faits divers » racistes tragiques dont cinq Maghrébins tués pour motifs racistes selon le Ministère de l’Intérieur, 21 selon les organisations de lutte contre le racisme, comme le jeune Toufik Ouanes, âgé de moins de dix ans. Le père Christian Delorme—qui juge Toumi Djaïdja injustement accusé et entend le défendre — et le pasteur Jean Costil de la Cimade, proposent alors aux jeunes des Minguettes une longue marche qui s’inspirerait des moyens d’action de Martin Luther King et Gandhi. Deux revendications principales émergent : une carte de séjour de dix ans, ce qui sera obtenu, et le droit de vote des étrangers aux élections locales, ce qu’on attends toujours…

1986, Karine a 15 ans, est lycéenne à Ernest Pérochon à Parthenay (Deux-Sèvres), Jessica va enfin bientôt voir le jour ! Karine écoute The Cure, Indochine, lit les Mémoires d’Hadrien et manifeste !

Jessica naît dans le 12ème arrondissement de Paris. Nous sommes donc en 1986. Elle est une toute jolie petite fille qui grandit à Bagnolet. Ses parents l’embarquent voir Alain Souchon en Concert, elle a 3 ans. Karine en a 19. Elle pleure sa joie devant la télévision. Les Allemands viennent de faire tomber le Mur de Berlin.

1983-1995, au cours de ces treize années l’épidémie du Sida, a fait environ 30 000 victimes en France. La dénomination « années sida » apparaît en mars 1990 dans une rubrique du magazine Le Gai Pied, Hebdo tenue d’abord par Franck Arnal puis par Pierre Kneip fondateur de l’association Sida Info Service. Le formidable film 120 battements par minute illustre terriblement les actions du mouvement Act Up-Paris durant ces années.

Les 15 ans de Jessica c’est le passage à l’an 2000, le grand saut dans le 21ème siècle ! Le lycée à Chambly (Oise), Mickael dans les oreilles. Mais aussi NTM, et Britney 🙂

Provinciales, nous « monterons » à Paris pour nos études puis travailler. Désargentées c’est dans les arrondissements du Nord-Est de Paris que nous nous sommes installées. Nous y sommes restées par choix. Ces arrondissements ont changé, énormément, et cela se voit.

Nous partageons les mêmes coups de foudre qui durent, pour celles et ceux que nous appelons les « Talents du terroir urbain ». En 2011, un premier blog verra le jour. Nous nous sommes rencontrées l’année suivante.

Toujours locataires dans le Nord-Est parisien, militantes pour l’égalité des droits, nous nous activons pour faire percer une parole authentique et nouvelle en provenance des quartiers les plus populaires notamment mais pas seulement, de Paris.

Nous connaissons les ravages de l’entre-soi. Nous avons au cœur le mélange des gens et des genres et le ras-le-bol du fatalisme. Nous avons un état d’esprit, celui d’une petite équipe qui croit encore au « jeu collectif ».

Nous arpentons tous les quartiers, ceux qu’on dit « populaires » et ce depuis des années. Gourmandes, surtout de la vie, nous déjeunons au Tunis-Tunis boulevard de Belleville ou d’un bobun au restaurant La Paix, dînons d’une kémia au Tsipora rue du Plateau ou au Pilpel rue Manin ou encore d’un poulet braisé au Marcory, nous prenons nos rendez-vous chaque semaine au Kascad café.

« Comme des Reines », une expression simple pour formuler un vœu : celui de définir, établir et atteindre l’égalité des parcours entre les femmes et les hommes quelque soit leur territoire de vie. Favoriser chacune et chacun sans distinction d’origine, en s’attaquant aux inégalités à la racine. Sortir de la mésestime de soi.

Nous avons ouvert et lancé ce site en 2015. Il a vocation à évoluer, s’améliorer, s’enrichir. Il se veut tout d’abord au gré des rencontres, la vitrine de ces « talents du terroir urbain », inconnus du grand public pour la plupart mais essentiels dans nos quartiers.

Nous ne confondons pas empathie avec contagion émotionnelle. Être triste parce qu’un proche est triste, c’est faire preuve de sympathie : c’est très beau, très noble, très valorisé, mais c’est en réalité le reflet de nos propres sentiments dans une telle situation. Pas de notre faculté à comprendre l’autre.

Ne cherchez ni emphase, ni thèse sociologique. Pas plus d’enquête journalistique ou anthropologique dans ce que vous lirez.

Il s’agit des « récits de vie » de ces femmes et de ces hommes que nous rencontrons, que nous apprenons à connaître avec bienveillance et empathie. Mais il s’agit aussi de partager avec vous notre passion pour le street-art, particulièrement dAcRuZ, de vous faire découvrir des rues, des commerces, de petites pépites qui font vivre la ville plus humaine ! Nous n’avons qu’une ambition, faire percer une parole authentique et nouvelle en provenance des quartiers les plus populaires de Paris et d’au delà du périphérique. Chacun vient avec ses a priori et ses préjugés. Nous avons rajouté l’empathie.

Tous nos remerciements à celles et ceux qui nous encouragent et nous permettent de faire vivre ce site.

 

Crédits Photos :

Mathieu Delmestrehttp://mathieu-delmestre.fr/

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Crédits Vidéo :

Cyril Lefèvrehttp://cyriljri.tumblr.com/